9 questions à un mentor en environnement et développement durable

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J’ai eu le plaisir d’échanger avec Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable à l’Université de Montréal. Une unité imbriquée sous le vice-rectorat finances et infrastructures. Depuis 2016, l’unité du développement durable accueille chaque année 3 stagiaires.

1- Parlez-moi de l’unité de développement durable de l’Université de Montréal.

Le développement durable fait partie de l’organigramme de la Direction de l’Université de Montréal depuis 2010. À cette époque-là, nous avons été intégré sous le vice-rectorat aux affaires étudiantes (et au développement durable). Cela fait suite à une demande des étudiants qui souhaitaient que l’UdeM intègre plus de développement durable dans ses activités. Une de leur première demande portait sur le retrait de l’eau embouteillée sur tous les campus qui est devenu effectif dès septembre 2013.

Dans notre unité, nous avons 2 conseillers et 1 coordonnateur, moi-même. Nous sommes une petite équipe, mais on compte sur notre réseau de personnes clés dans tous les services. Ces champions sont des alliés importants qui nous aident grandement dans certains dossiers.

 

2- Quelles études mènent à une carrière dans le développement durable?

Nous avons des backgrounds assez différents au sein de l’équipe. Parmi nos conseillers, le premier a un baccalauréat en géographie environnementale et une maîtrise en environnement. Le second a un baccalauréat en biologie et une maîtrise individualisée en environnement et développement durable, avec une spécialité en biodiversité. Pour ma part, c’est un peu de tout, une maîtrise en chimie, un D.E.S.S. en gestion et un programme court en développement durable et responsabilité sociale des organisations.

 

 

3- Comment se passe l’accueil de stagiaires du secondaire?

Après quelques années, on apprend à adapter nos activités aux jeunes qu’on reçoit. Il faut que le contenu de nos activités soit accessible

L’été dernier, on a accueilli les stagiaires pendant une semaine où on a touché à plein de choses : l’agriculture urbaine, des projets académiques, des projets en alimentation, etc.

Une des activités de cette semaine-là, c’était de végétaliser une pente sur la rue Darlington, une activité que l’on faisait avec la SOVERDI, l’arrondissement Côte-des-Neiges et les jardins communautaires Châteaufort (ndlr : deux partenaires Classes Affaires!). Pour mener à bien cette activité, on avait reçu un camion de terre et il fallait déplacer le chargement avec des brouettes. On s’attendait à faire deux ou trois allers-retours pour aider l’équipe avec les stagiaires. Finalement, ils ont voulu continuer, ils ont fait de nombreux allers-retours puis ils ont planté des arbres. On a passé l’après-midi dehors! Je me sentais un peu mal qu’ils aient autant poussé de brouettes, mais visiblement, ils aimaient travailler de leurs mains. Ils arboraient de grands sourires et étaient bien fatigués en fin de journée. Ils étaient cependant présents et à l’heure le lendemain matin.

4- Avez-vous gardé contact avec vos stagiaires au fil des années?

On n’est pas resté en contact, mais ils savent très bien qu’ils sont les bienvenus s’ils veulent revenir nous voir ou s’ils ont des questions en prévision de leurs études. S’ils souhaitent rencontrer des personnes en particulier à l’université, on peut tout à fait s’arranger.

Un article sur leur présence est paru dans le journal UdeM Nouvelles, lorsque nous le relisons, cela nous rappelle ces bons moments.

 5- Est-ce que vous recommanderiez le programme Classes Affaires à d’autres organisations?

Oui et j’ai même commencé à faire le travail à l’interne en cherchant des services et départements qui seraient prêts à accueillir des jeunes.

Je le recommande, parce que ça pousse les gens à prendre du recul, à se remettre en question, à réfléchir à leur pratique et leur travail, à expliquer simplement ce qu’ils font. C’est une démarche intéressante qui ne demande pas plus de travail mais qui apporte un regard externe sur nos activités.

6- Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous a surpris des prochaines générations de travailleurs?

Ce que je retiens, c’est qu’ils ne se laissent pas imposer ce qu’on veut. Ils négocient! (Rires) S’ils ne sont pas d’accord, ils savent le dire. J’ai été surpris. Je me souviens à leur âge, c’était plus ‘‘c’est un adulte qui me le dit, donc je vais le faire’’, mais ça dépend aussi des caractères.

 

7- Comment s’est passé votre choix d’études quand vous aviez leur âge?

Il n’était pas du tout arrêté. Je pensais faire horticulteur, puis j’ai fait de la biologie. Je me suis retrouvé en chimie et je suis arrivé ici où j’ai fait de la recherche sur les véhicules électriques. Si a 15 ans on m’avait dit ‘’tu seras chimiste et qu’à 40 ans tu seras dans le développement durable’’, je ne l’aurais pas cru.

J’ai navigué selon ce qui s’offrait à moi et selon ce que mon bulletin de notes me permettait, si c’était à refaire, j’aurais aimé avoir des personnes qui m’aident à avoir les idées claires plus tôt, mais ce n’est pas évident de toucher à tout et d’avoir les idées claires à cet âge-là ou même de demander conseil à quelqu’un.

8- Quel message adresseriez-vous à des jeunes qui se demandent à quoi s’attendre d’une carrière en développement durable?

Travailler en environnement et développement durable c’est en quelque sorte se préparer un plus bel avenir. Une société où il fera bon vivre. C’est une façon de définir la société dans laquelle ils aimeraient vivre.

Du point de vue de la relève, il va falloir qu’il y ait un sursaut au niveau de la société et la prochaine génération sera, je pense, le meilleur artisan.

9- Est-ce qu’il y a des matières clés à pousser au secondaire?

On a besoin de plus en plus de personnes qui ont une expérience assez large. Parler de développement durable pousse par exemple à connaître et comprendre les lois. On est du côté du droit. Il faut aussi savoir présenter des résultats financiers, demander de l’argent, cela nécessite des aptitudes en gestion et notamment, maîtriser le discours comptable on parle parfois de comptabilité écologique. Il faut savoir bien écrire, savoir monter une argumentation. Cela me fait dire qu’il y a beaucoup de politique dans le développement durable : convaincre les gens, c’est du travail. Il faut aussi connaître les sciences : les changements climatiques, ce n’est pas si simple que cela à comprendre.

En fait, il faut une formation très variée qui n’existe pas encore. Peut-être qu’un de nos jeunes Classes Affaires deviendra ministre de l’Éducation et aura la vision de mettre en place une telle formation!

 

Cet article fait partie d’une série de portraits de mentors 2017 qui seront publiés ponctuellement, d’ici l’été.

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